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William O’Neil : l’art de sélectionner les actions leaders

Créateur de la méthode CAN SLIM, William O’Neil associe croissance des entreprises, analyse graphique et discipline pour identifier les valeurs les plus fortes du marché.

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William O’Neil : l’art de sélectionner les actions leaders

William O’Neil : l’art de sélectionner les actions leaders

Une action qui a beaucoup baissé n’est pas nécessairement une bonne affaire. Une autre, proche de ses plus hauts, n’a pas forcément terminé sa progression.

Cette distinction occupe une place centrale dans l’approche de William O’Neil. Plutôt que de rechercher uniquement des titres délaissés, il s’intéresse aux entreprises dont les résultats et le comportement boursier témoignent d’une vigueur particulière.

Créateur de la méthode CAN SLIM, il construit une démarche associant analyse fondamentale, lecture des graphiques et contrôle des pertes.

Son objectif : identifier des entreprises en forte croissance, puis attendre des conditions de marché et de prix favorables pour intervenir.

Qui était-il ?

William O’Neil est un investisseur, entrepreneur et auteur américain né en 1933 dans l’Oklahoma et élevé au Texas.

Il commence sa carrière de courtier en 1958 chez Hayden, Stone & Company. Son intérêt pour les marchés le conduit à étudier les actions ayant enregistré de fortes progressions, afin de rechercher les caractéristiques présentes avant leur envolée.

Il examine leurs résultats, leur historique de croissance et leurs graphiques. Cette démarche l’amène à rapprocher deux disciplines parfois présentées séparément : l’analyse fondamentale des entreprises et l’analyse technique des cours.

En 1963, il fonde William O’Neil + Company et acquiert un siège à la Bourse de New York à l’âge de 30 ans. Il développe ensuite des services de recherche et des outils de données destinés aux investisseurs.

Sa démarche repose sur une conviction : l’étude structurée des précédents boursiers peut aider à mieux sélectionner les situations présentes, sans rendre leur issue certaine.

Pourquoi est-il devenu célèbre ?

William O’Neil devient principalement connu pour la méthode CAN SLIM, une grille de sélection construite autour de caractéristiques observées chez de grandes valeurs gagnantes.

Son influence s’élargit avec le lancement, en 1984, d’Investor’s Daily, devenu ensuite Investor’s Business Daily. Le journal met à disposition des particuliers des données, des classements et des graphiques destinés à structurer leurs recherches.

Son livre How to Make Money in Stocks, publié en 1988, contribue également à diffuser son approche.

O’Neil popularise une idée importante : une entreprise prometteuse ne constitue pas automatiquement une bonne opération au prix et au moment où l’on envisage de l’acheter. La qualité du dossier doit être rapprochée du comportement du titre et de l’environnement général.

Décédé en 2023, il laisse un héritage à la croisée de la recherche boursière, de l’édition financière et de la pédagogie de l’investissement.

Quelle était sa méthode ?

La méthode CAN SLIM associe sept dimensions complémentaires.

Le C, pour Current quarterly earnings, concerne les bénéfices trimestriels récents. O’Neil recherche une croissance marquée, accompagnée d’une activité commerciale solide.

Le A, pour Annual earnings, porte sur l’évolution des bénéfices annuels. Une publication favorable prend davantage de sens lorsqu’elle s’inscrit dans un historique de progression.

Le N, pour New, désigne un élément nouveau : produit, service, direction ou évolution de l’activité. La notion comprend également l’attention portée aux nouveaux sommets du cours.

Le S, pour Supply and demand, concerne l’offre et la demande de titres. Les volumes et les caractéristiques du capital apportent des indications sur les échanges.

Le L, pour Leader or laggard, invite à distinguer les valeurs leaders de celles qui restent en retrait. La force relative aide à apprécier cette différence.

Le I, pour Institutional sponsorship, examine la présence d’investisseurs institutionnels au capital.

Enfin, le M, pour Market direction, rappelle l’importance de la tendance générale du marché. Une entreprise de qualité peut elle aussi reculer dans un environnement défavorable. AAII

La lecture graphique complète cette sélection. O’Neil recherche notamment des sorties de consolidations, appelées bases, plutôt qu’un achat motivé par la seule baisse précédente du titre. Une cassure accompagnée d’une activité soutenue peut signaler un regain d’intérêt, mais son maintien reste à observer.

Acheter une valeur forte ne signifie donc pas poursuivre n’importe quelle accélération. La proximité du niveau de déclenchement et la maîtrise du risque restent essentielles.

Cette méthode présente aussi des limites : une croissance élevée peut ralentir, une cassure peut échouer et une étude fondée sur les gagnants du passé doit être confrontée aux échecs comme aux conditions réelles d’exécution.

Quelle place accordait-il à la psychologie et au risque ?

O’Neil insiste particulièrement sur la nécessité de couper les positions qui évoluent défavorablement.

Sa règle de protection la plus connue consiste à vendre lorsqu’une action perd environ 7 à 8 % par rapport au prix d’achat, sans attendre qu’une petite perte devienne difficile à récupérer. Il s’agit d’une règle propre à sa méthode, qui ne garantit pas le prix d’exécution.

Ce pourcentage concerne la variation du titre, et non la perte du portefeuille. Dans un exemple simplifié, une position représentant 10 % du capital et clôturée avec une baisse de 8 % entraîne une perte de 0,8 % du portefeuille, avant frais et éventuel glissement.

La difficulté psychologique vient souvent de l’attachement à l’analyse initiale. Après avoir étudié une entreprise, l’investisseur peut chercher des raisons de conserver le titre malgré des signaux contraires.

Une clé consiste à écrire les conditions de sortie avant l’achat, lorsque la décision reste moins influencée par la perte en cours. Le bilan peut ensuite distinguer un scénario invalidé d’une règle abandonnée sous l’effet de l’espoir.

L’approche demande aussi de résister à l’attrait d’un prix apparemment bas. Une action devenue moins chère peut continuer à se dégrader ; une action proche de ses sommets peut traduire une amélioration réelle. Dans les deux cas, le prix doit être replacé dans son contexte.

Que retenir aujourd'hui ?

William O’Neil rappelle d’abord l’intérêt de rapprocher la qualité de l’entreprise et le comportement de son action. Des résultats solides apportent un contexte ; les prix et les volumes montrent comment le marché y réagit.

Son deuxième enseignement concerne la sélection. Détenir une entreprise connue ou prometteuse ne suffit pas : il faut examiner sa croissance, sa position face aux autres valeurs et la tendance générale.

Le troisième porte sur la préparation des pertes. Une analyse approfondie ne dispense jamais de dimensionner la position et de prévoir les conditions de sortie.

Enfin, CAN SLIM doit être compris comme une démarche complète. Retenir uniquement les cassures graphiques ou un seuil de perte revient à en isoler une composante.

L’enseignement essentiel de William O’Neil est de sélectionner avec exigence, d’attendre des conditions cohérentes et de protéger son capital lorsque les faits contredisent le scénario.

Une entreprise remarquable peut constituer un mauvais achat si le prix, le moment ou le risque engagé sont mal choisis.

Les contenus proposés sont à but éducatif uniquement et ne constituent pas des conseils en investissement.