Aller au contenu
Cap Boursier — Prendre le cap. Investir avec sérénité.
Traders de légende·ArticleAccès libre

Mark Minervini : l’art de sélectionner les actions fortes

Spécialiste des actions de croissance, Mark Minervini associe sélection exigeante, points d’entrée précis et maîtrise des pertes.

Date de création
Créé le
Mark Minervini : l’art de sélectionner les actions fortes

Mark Minervini : l’art de sélectionner les actions fortes

Une entreprise prometteuse ne constitue pas nécessairement une bonne opération. Encore faut-il choisir un moment où le comportement du titre et le risque engagé rendent l’intervention cohérente.

Cette exigence occupe une place centrale dans l’approche de Mark Minervini.

Spécialiste des actions de croissance, il recherche des entreprises qui se distinguent, puis attend une configuration permettant de définir précisément son entrée et sa sortie en cas d’échec.

Sa démarche prolonge certains principes popularisés par William O’Neil et Nicolas Darvas, avec une attention particulière portée au resserrement des fluctuations avant une éventuelle accélération.

Son enseignement : sélectionner la force, préparer son intervention et préserver la capacité de sortir lorsque le scénario échoue.

Qui était-il ?

Mark Minervini est un trader américain spécialisé dans les actions et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à sa méthode.

Il commence à investir en 1983. Autodidacte, il construit progressivement son approche en étudiant les marchés, les grandes valeurs gagnantes et les travaux d’autres investisseurs. Il cite notamment l’influence du livre Superperformance Stocks de Richard Love.

Son parcours l’amène à développer une démarche structurée autour de la sélection des titres et de la précision des interventions.

Il formalise cette approche sous le nom de SEPA, pour Specific Entry Point Analysis. Elle associe plusieurs dimensions : tendance, caractéristiques de l’entreprise, éléments susceptibles de soutenir sa progression et conditions d’entrée et de sortie.

Minervini diffuse ensuite ses principes à travers ses livres et ses activités de formation. Ses ouvrages comprennent notamment Trade Like a Stock Market Wizard et Think & Trade Like a Champion.

Pourquoi est-il devenu célèbre ?

Mark Minervini gagne en visibilité grâce à ses résultats en compétition et à sa présence dans Stock Market Wizards, l’ouvrage de Jack Schwager consacré à des traders spécialisés dans les actions.

Il remporte le championnat américain d’investissement en 1997 avec une performance annoncée de 155 %. En 2021, il termine premier de la catégorie actions des comptes d’au moins un million de dollars, avec une progression de 334,8 %.

Ces résultats concernent des comptes et des périodes de compétition précis. Ils ne représentent ni un rendement annuel habituel ni une performance que ses lecteurs pourraient attendre en appliquant ses enseignements.

Son influence repose également sur sa manière de présenter le trading : la recherche d’une forte performance doit s’accompagner d’une préparation rigoureuse des pertes.

Il popularise notamment le VCP, ou Volatility Contraction Pattern, une configuration caractérisée par des fluctuations qui se resserrent progressivement.

Cette lecture devient un repère pour de nombreux traders recherchant une reprise de tendance après une consolidation.

Quelle était sa méthode ?

L’approche de Minervini commence par la sélection. Il recherche des actions présentant une tendance favorable, une force relative élevée et des caractéristiques susceptibles de soutenir une progression importante.

Le prix ne constitue donc pas son seul critère. L’évolution des résultats, la croissance et les changements propres à l’entreprise participent également à l’examen du dossier.

La lecture graphique sert ensuite à préciser l’intervention. Son cadre de sélection technique, appelé Trend Template, aide à identifier des titres déjà engagés dans une tendance haussière.

Le VCP intervient dans cette recherche de précision. Après une progression, une action peut connaître plusieurs replis successifs dont l’amplitude diminue. Les fluctuations deviennent plus étroites et les volumes peuvent se contracter à l’approche du niveau de déclenchement.

Minervini interprète ce comportement comme une possible diminution de l’offre disponible à la vente. Il s’agit toutefois d’une lecture du graphique : les intentions des intervenants ne sont pas directement observables.

Prenons un exemple pédagogique : une action connaît un premier repli de 15 %, puis un deuxième de 8 %, suivi d’une consolidation plus étroite. Ce resserrement attire l’attention, mais ne constitue pas encore une entrée.

Le franchissement d’un niveau clairement identifié peut fournir le déclencheur attendu. Une augmentation des volumes apporte alors un élément supplémentaire d’appréciation, sans garantir la poursuite de la hausse.

Le VCP ne se résume pas à quelques replis décroissants : son intérêt dépend de la tendance, de la qualité du titre et du risque associé à l’entrée.

Une cassure peut échouer. Un achat trop éloigné du niveau prévu peut également dégrader le rapport entre le gain envisageable et la perte acceptable.

Quelle place accordait-il à la psychologie et au risque ?

La protection du capital occupe une place importante dans les enseignements de Minervini. La sélection et le point d’entrée doivent permettre de contrôler l’exposition, plutôt que justifier une conviction sans limite.

Le principe est concret : une opération doit pouvoir être abandonnée lorsque son comportement ne correspond plus au scénario préparé.

Cela demande de distinguer deux choses souvent confondues : croire aux perspectives d’une entreprise et disposer d’une position dont le risque reste acceptable.

Sur le plan psychologique, la précision recherchée à l’entrée aide à rendre la décision plus claire. Le trader sait ce qu’il attend et peut examiner rapidement les signes contraires. Elle n’élimine cependant ni les faux départs ni les pertes.

Une clé pratique consiste à préparer le niveau de sortie avant de calculer la taille de position. Choisir d’abord une exposition importante, puis rapprocher artificiellement le stop pour réduire la perte théorique, inverse le raisonnement.

Un stop serré peut être pertinent si la structure du prix le justifie. Il peut aussi provoquer des sorties répétées s’il se situe au milieu des fluctuations ordinaires du titre.

La maîtrise du risque suppose donc une cohérence entre le point d’entrée, l’invalidation et le montant engagé. Les gaps et les conditions d’exécution peuvent malgré tout entraîner une perte supérieure à celle prévue.

Que retenir aujourd'hui ?

Mark Minervini rappelle d’abord que la qualité d’une opération dépend autant de sa préparation que de l’entreprise sélectionnée.

Une action forte peut constituer un achat mal placé si elle vient d’accélérer loin de sa zone de consolidation. À l’inverse, une attente patiente peut permettre de mieux définir le déclencheur et les conditions de sortie.

Son deuxième enseignement concerne la sélectivité. Il n’est pas nécessaire de trouver une raison d’intervenir sur chaque graphique. L’absence de configuration claire constitue une information utile.

Le troisième porte sur l’articulation entre analyse et gestion du risque. Une figure graphique ne remplace jamais le dimensionnement de la position, et un faible risque théorique ne rend pas une configuration pertinente.

Enfin, les exemples réussis paraissent souvent plus lisibles après coup. Pour progresser, il faut également étudier les cassures avortées, les coûts des sorties répétées et les périodes pendant lesquelles la méthode rencontre davantage de difficultés.

L’enseignement essentiel de Mark Minervini est de rechercher une cohérence entre la force du titre, la précision de l’entrée et la maîtrise de la perte possible.

Cette exigence fournit un cadre de travail. Elle demande de la pratique et de l’évaluation, sans transformer une configuration favorable en certitude de gain.

Les contenus proposés sont à but éducatif uniquement et ne constituent pas des conseils en investissement.